Histoire de la statue de
Notre Dame de France

Histoire de la statue de Notre Dame de France

Au début du XXe siècle vivait à La Courneuve, en Seine Saint Denis, le
Père Lamy. Très semblable au curé d’Ars, il était d’une grande humilité
et il était courant qu’il « reçoive » la visite de la Très Sainte Vierge
Marie et lui a demandé de créer une congrégation à qui il donnerait le
nom de « Congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie »

Edmond Fricoteaux (1937-2007), très attaché au Père Lamy lui demanda, de faire naître en lui un Amour immodéré de la
Sainte Vierge, et de lui inspirer les actions qui le rendrait digne d’être,
un serviteur de Jésus et de Marie. Il voulait en quelque sorte faire un
« cadeau à la Vierge Marie, sa « nouvelle Bien-Aimée ».

C’est ainsi qu’en 1985, il eut l’idée de faire ériger une statue monumentale de la Très Sainte Vierge, en bordure d’un grand axe routier.
Pour ce faire Edmond Fricoteaux rencontra successivement le maire
de la commune où il avait géographiquement situé l’installation de
Notre Dame, puis avec le supérieur général des Serviteurs de Jésus et
de Marie, le Père Stoecklin, et enfin l’Abbé Laurentin, connu pour ses
nombreux écrits sur la Sainte Vierge et les apparitions de Celle-ci
dans le monde. Le premier déclara être extrêmement favorable au
projet. Le second, pouvoir soutenir cette idée dès lors que l’Évêque du
Diocèse où se trouverait le lieu choisi donnerait son accord, et le troisième précisa que pour une telle œuvre, il vaudrait mieux ériger la
statue d’une Vierge à l’enfant plutôt qu’une statue de Vierge seule.

Edmond Fricoteaux, promoteur du projet, avait imaginé que la Vierge
devait être couronnée de ses douze étoiles. Le Père Laurentin désigna
alors l’un de ses amis Mr Antoine Legrand qui disait-il, était un spécialiste des « douze étoiles ». Edmond Fricoteaux, lui téléphona donc
immédiatement. Interrogé, ce dernier s’étonna vivement des paroles
du Père Laurentin ; il ne comprenait rien à cette histoire d’étoiles,
expert qu’il était, et ce depuis 50 ans du Linceul de Turin! …. Cependant, piqué de curiosité, il s’informa des raisons qui motivaient cet
appel. Ayant écouté Edmond exposer sa demande, déclara : « la
statue existe ».

Il s’agissait d’une statue appelée « Notre Dame de France » œuvre du
sculpteur Roger de Villiers qui surplombait le pavillon pontifical, lors
de l’exposition universelle de 1937. Que les autres pavillons des Nations ayant été démolis, le Pavillon pontifical avait pu être conservé
sous le nom de « pavillon marial » durant une année supplémentaire.
Qu’au cours de la cérémonie ayant précédé la démolition du Pavillon
marial, en novembre 1938, l’Archevêque de Paris, son Éminence le
Cardinal Verdier, avait émis le vœu que l’on érige la « statue lumineuse
» sur une colline proche de Paris. Qu’une souscription nationale avait
été immédiatement lancée pour ce faire, que le projet s’était trouvé
sans suite avec l’arrivée de la guerre de 1939, et que depuis la statue
avait disparu. Mais que l’on devrait bien la retrouver si l’on s’en donnait la peine.

La statue de Notre Dame de France était une Vierge à l’Enfant, offrant
son enfant au monde en le présentant vers le haut, bras tendus sur le
monde. Symbole très fort . Quant à la taille, elle avait bien les 7
mètres envisagée par Edmond Fricoteaux, au vu de l’emplacement où
elle serait érigée. Antoine Legrand répondit en riant que c’était très
précisément la grandeur de la statue.
 Puis, après vingt appels téléphoniques, ne laissant apparaître aucune
trace de cette statue en apparence définitivement perdue, la petite-fille du grand physicien Edouard Branly, fille de l’architecte Tournon, lui-même auteur des plans et responsable de la construction du
Pavillon Pontifical devenu Pavillon Marial, déclara savoir où la trouver; elle gisait, depuis quatre ans en pièces détachées, dans les
sous-sols d’une école publique de la vile d’Amiens dans la Somme.
Cette statue, ayant manqué son érection de 1938, avait finalement
été placée au sommet de la tour jouxtant une église de la ville
d’Amiens, elle-même reconstruite par son père l’architecte Tournon
avec des dommages de guerre et selon les plans de l’ancien pavillon
pontifical. (Eglise saint Honoré)

En avril 1982, (donc peu de temps avant qu’Edmond Fricoteaux ait été
inspiré par le Père Lamy pour que soit érigée une grande statue à la
gloire de la Très Sainte Vierge), un photographe, qui regardait la
statue avec son téléobjectif, avait décelé des fissures et des affaissements qui révélaient à court terme, un fort danger d’effondrement ou
de chute. Il prévint le curé responsable de l’église; celui-ci fit appeler
sur l’instant le maire et, dès le lendemain, avec une grande grue venue
spécialement pour elle, la statue de Notre Dame de France était déposée, « descendue du ciel », comme l’expliquait dans son article à « la
une » un important quotidien régional, le Courrier Picard du 22 avril
1982. Le devis des travaux de réparation rendit impossible tout projet
de réinstallation. Sur la demande qu’en fit l’Evêque du lieu, le conseil
municipal d’Amiens délibéra, acquiesçant au transfert de la statue
pour qu’elle reçoive l’affectation, objet du vœu du Cardinal Archevêque de Paris.

Il y eut encore un grand nombre de péripéties aussi étonnantes qu’extraordinaires !

Baillet-en France, premier village depuis Paris à porter le doux complément « en France », a accueilli la Vierge monumentale de
Notre-Dame de France; sa statue sur son piédestal de vingt-cinq
mètres a jailli au cœur des frondaisons d’un petit bois lui faisant un
coussin de verdure, au carrefour de très nombreuses et importantes
voies de communication.

Le 15 octobre 1988, sous un ciel d’une rare luminosité, le Cardinal
Lustiger accompagné de sept évêques dont Monseigneur Rousset,
évêque du diocèse de Pontoise, en présence de 52 000 fidèles venus
de tous les coins de l’hexagone, au cours d’une splendide journée
dont chacun garde le merveilleux souvenir, présidait la cérémonie
solennelle de bénédiction. Ce fut l’une des manifestations mariales
les plus importantes de cette fin de siècle. Une procession partit du
Sacré Cœur de Montmartre derrière une statue de la Vierge Marie. La
nationale 1 avait été exceptionnellement fermée pour cette occasion.
La journée se conclut par une illumination de la statue, un feu d’artifice et une veillée de prière.

La Confrérie est née de cet événement qui a rassemblé autour de
Marie des personnes de tous mouvements d’Eglise. Ainsi très précisément 50 années ( 1938-1988 durée d’un jubilés) après avoir été
prononcé, le vœu de Monseigneur l’Archevêque de Paris, le Cardinal
Verdier s’était réalisé. Cette érection coïncida en outre avec l’Année
dédiée à Marie par sa Sainteté le Pape Jean Paul II et la célébration
du 350 e anniversaire du vœu de Louis XIII confiant la France à Notre
Dame et la faisant Reine de France. Elle était l’aboutissement des
prières d’un très grand nombre.

L’érection de Notre Dame de France et la cérémonie présidée par son
Éminence le Cardinal Lustiger correspondirent à une explosion de joie
et d’Amour consacrant sûrement « Le retour de la France et des Français à Marie » début de la réponse aux interrogations que nous fit au
Bourget le Pape Jean Paul II en 1981 : « Oui Saint Père, nous nous
souvenons des promesses de notre Baptême et nous voulons,
comme par le passé, avec notre Mère, la Très Sainte Vierge Marie,
Reine de France, porter l’évangile du Christ dans le monde entier ». Et,
depuis, pour concrétiser ce retour et ce solennel engagement, sur une
initiation née d’une ardente prière au pied de Notre Dame à Baillet en
France et de l’adoration devant le Saint Sacrement en la basilique de
Lisieux, il y eut le grand mouvement de « Vierges pèlerines », visitation d’amour entreprise par Marie.

Le 8 septembre 1995, Mgr Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay
(Haute-Loire), bénit les 108 statues et icônes de la Vierge Marie qui
partirent de village en village, pour proposer 40 000 veillées de prière
autours de Jésus et Marie pendant un an dans toute la France. Puis
Edmond organisa un pèlerinage mémorable pour la venue du
Saint-Père Jean-Paul II à Reims en septembre 1996. Les Vierges pèlerines furent ensuite bénies à Rome le 8 décembre 1996 puis à
Constantinople (Istanbul) le 14 décembre 1996. Le mouvement se
développa ainsi pendant quatre ans dans 120 pays du monde, jusqu’à
la grande nuit de prière de Bethléem le 24 décembre 1999, dont
Edmond Fricoteaux rêvait depuis longtemps, pour marquer le 2 000 e
Noël, dans le champ des bergers. Il avait le don de rassembler très
facilement autour de lui grâce à sa joie, son enthousiasme, son énergie, et sa foi à déplacer des montagnes ; mais aussi et surtout parce
que c’était un homme de cœur. Au total, plus de 20 000 statues et
icônes ont été envoyées dans le monde.

Le projet Marie de Nazareth, visant à construire à Nazareth un centre
spirituel dédié à la dévotion mariale, est né après la messe de Noël de
Bethléem comme un fruit des Vierges pèlerines et se développe
encore aujourd’hui activement.

Un carillon de 50 cloches a été offert pour Marie sur le site de Baillet-en-France, inauguré le 12 octobre 2003

Edmond Fricoteaux est mort subitement le 5 novembre 2007, au
cours de vacances familiales en Guadeloupe, alors qu’il projetait de
prendre sa retraite. Ses obsèques ont été célébrées le 9 novembre en
la basilique de Saint-Denis, devant une foule très émue. Depuis, Notre
Dame de France n’a cessé de pèleriner, d’accueillir tous ses enfants,
qui viennent à Elle par la Consécration , le Chapelet perpétuel, la diffusion de la statue, continuant ainsi l’Œuvre confiée à Edmond FRICOTEAUX dont la devise était » Tout à Jésus par Marie «

Sur le site de Baillet-en-France, une chapelle a été construite et bénie
le 14 octobre 2018 par l’Evêque de Pontoise, en l’honneur de Notre
Dame de France …